« Etape du Tour » : vécue de l’intérieur ! (8.07)

Merci à Luc pour son récit détaillé de son « Etape du Tour » 2018 :

Je raconte, je raconte!

Départ du fond du sas 7 à 7h25, devant moi 7000 cyclistes partis depuis 6H30. Ça commence par un tour du lac d’Annecy par des routes très larges, remplies de petites grappes de cyclistes, sans vraiment de pelotons bien nets. Avec un léger vent favorable, je roule à 37-40km/h seul ou à 2-3 en remontant peu à peu et devinant vaguement au loin le peloton de tête de mon sas. J’espère que je n’y laisse pas trop de jus. La vue sur l’eau et les montagnes autour est magnifique. Après 20km, je suis enfin rattrapé par les 1ers dossards 8000 partis 3-4′ plus tard, je peux m’abriter. Coup de cul à Talloire, je suis raisonnable, je monte cool, contrairement à beaucoup. Puis 1er petit col de Bluffy, tout le monde se calme enfin autour de moi et je me trouve alors dans la configuration qui ne va pas me quitter de la journée: je double, je double, je double. Après Thônes, 1er col 1C de la Croix-Fry: je reste raisonnable en me calant sur mon capteur de puissance, ne pas dépasser 240-250W malgré la facilité du moment, penser à manger et boire régulièrement. Je commence à voir des dossards 6000 et 5000. Les 800m de D+ en 52′, doublé par seulement 8-9 cyclistes, OK. Redescente expresse sur La Cluzaz, je m’arrête au ravito, pas de boisson Isostar contrairement à ce qui était annoncé, merde! Je repars vers le Petit-Bornand sur une route en descente qui vient juste d’être refaite, un vrai billard.

Puis virage à gauche et j’attaque la montée HC du plateau des Glières, inédite dans le TdF. 650m de D+ en 6km! Du 10, 12, 14, 17%! Milon, c’est de la rigolade à côté! Quand la pente s’adoucit dans du 12%, ça paraît facile! Bonne nouvelle, pas de bouchon, malgré la route étroite remplie de cyclistes, j’arrive à doubler sans être gêné des 5000, des 4000, des 3000… partis 1/2H avant moi. J’ai compté, seulement 4 coureurs m’ont dépassé dans cette montée. Plus un Pépé qui s’est amusé à s’immiscer dans la course avec son VTTAE… J’alterne montée assis avec montée en danseuse, c’est efficace et ça soulage l’arrière des cuisses. Sur le haut, beaucoup de public qui t’encourage, sympa. 38′ à 246W, OK. Suivent sur le plateau 2kms de chemins non goudronnés qui viennent d’être surfacés. Problème: avec la couche de gravier sur les côtés, je ne peux pas doubler et suis obligé de suivre l’une des 2 files ininterrompues de cyclistes. Enfin le goudron et le ravito liquide. Ouf, il y a de l’Isostar, je peux faire le plein des 2 bidons! La chaussée est jonchée de tubes de gel usagés… Longue descente ensuite vers Filières par une succession d’épingles à cheveux à l’ombre. Là aussi, le revêtement a été refait depuis le mois dernier. Je me fais vraiment plaisir, pratiquement seul sur la route. Attention quand-même, je passe à un moment donné à côté de plusieurs ambulances et motos de la gendarmerie arrêtées sur le côté. Arrivé en bas, je retrouve le soleil et la chaleur. Se présente alors le petit col des Fleuries, 250m de D+ à 5%, j’arrive à tourner les jambes avec un bon développement et je double à grande vitesse plein de petits pelotons. Sur le haut, ça crie « allez Luc, allez Luc, allez Luc! », c’est là où la famille m’attend. Arrêt express pour faire le plein de gels et de crème de marron et je repars aussitôt. S’en suivent une trentaine de kms globalement plats, je me cale à l’intérieur d’un peloton qui gère. Ce n’est pas la partie la plus agréable du circuit avec des longs bouts droits de nationale. Il commence à faire très chaud, 30-33°C. Enfin le ravito de Cluses, où je fais le plein pour la dernière fois avant d’attaquer l’enchaînement final des 2 cols 1C de Romme et de la Colombière. Mon niveau baisse normalement mais pas tant que ça, les 9km, 800m de D+ de Romme en 50′ à 230W avec des passages à 13%, une petite descente jusqu’au Reposoir, puis les 7km, 600m de D+ de la Colombière en 40′ à 215W. Et surtout, ceux autour de moi, les 3000, 2000, 1000, baissent encore plus! Je n’aurai été doublé que par 6+4 coureurs dans cet enchaînement.

Même si ça sent l’écurie, les derniers km de la Colombière sont longs, très longs, surtout que l’on voit la cabane du col depuis loin, sans qu’elle semble se rapprocher! Dernier km à 11%! Et enfin, je bascule! Il ne reste que de la descente ininterrompue jusqu’à l’arrivée au Grand-Bornand. Je fais mes comptes: si je veux faire moins de 7H, ça risque de se jouer à quelques secondes près, il va falloir mettre le turbo! Descente express, les 12km en 14′ malgré les épingles à cheveux. Là aussi, la route vient d’être refaite, ça aide. Enfin la dernière ligne droite en faux plat montant dans la ville, au milieu des barrières avec un public monstre, le portique de l’arrivée au loin. Je sprinte en danseuse, maxi à 700W, OUF, terminé.

Bilan: 169km, 3800m D+, 7H00’24 », 1448ème sur 12000, 73ème sur 1200 de ma catégorie d’âge. Bien géré de bout en bout, ce qui n’était pas gagné car c’est facile de s’enflammer dans les 1ers cols. Illustration: au challenge des grimpeurs, 2200ème dans la Croix-Fry, 1600ème aux Glières, 900ème dans Romme et 700ème dans la Colombière! La tenue ACO que je viens d’acquérir s’est fait oublier, nickel! Pas de courbature les jours suivants, juste un peu de lassitude générale tout à fait normale. L’entraînement club en vallée de Chevreuse plus les 2 longs WE dans les Alpes ont été bien pensés.

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